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Dans les années 70 et 80, des événements d’envergure internationale, dont la montée du prix du pétrole et l’adoption de politiques favorisant le libre-échange, ont créé des conditions favorisant le démantèlement de l’État-providence. L’adoption de politiques de libre-échange provoqua la désindustrialisation du Canada, laquelle occasionna une augmentation rapide du nombre de chômeurs et d’assistés sociaux. Les gouvernements fédéral et provincial voyaient leurs revenus diminuer en même temps qu’ils devaient assumer une augmentation des dépenses liées aux programmes sociaux. Ne pouvant plus compter sur le financement de l’État pour consolider les facteurs de croissance économique, les collectivités envisagèrent de plus en plus une prise en main de leur économie aux échelles locales et régionales et la nécessité de se concerter pour y parvenir. 

1966

Conseil économique régional du Nord-Ouest du Québec (CERNOQ)

Parmi les multiples mesures gouvernementales destinées à reconnaître et soutenir les régions, notons en 1966 la création de 10 régions administratives et de 25 sous-régions en vue de réaliser un déploiement de services sur l’ensemble du territoire québécois. À cette époque, le Conseil économique du nord-ouest du Québec (CERNOQ) existait depuis plus d’un an et son territoire d’intervention couvrait la région actuelle de l’Abitibi-Témiscamingue ainsi que son prolongement vers le nord, soit la portion ouest de la Baie-James jusqu’au 51e parallèle. La création du CERNOQ a établi les premiers jalons de la concertation régionale. Il s’agissait, dès lors, d’un moment important dans l’unité et la cohésion des idées à l’échelle régionale. Toujours en 1966, le gouvernement du Québec accorde un financement aux conseils économiques régionaux (CER) de sept régions et soutient la création de ces organismes dans trois autres régions. 

1968

Conseils régionaux de développement (CRD)

En 1968, le Québec adopte la Loi sur l’Office de planification du Québec (L.R.Q., c. 0-3), laquelle crée, en 1969, l’Office de planification et de développement du Québec (OPDQ) dont la mission consiste à coordonner les initiatives du gouvernement dans les régions. L’organisme se voyait également décerner certaines responsabilités en matière de développement régional. Au même moment, le gouvernement abolissait le Conseil d’orientation économique du Québec. L’année suivante, les conseils économiques régionaux sont remplacés par les conseils régionaux de développement (CRD). 

1992

La réforme Picotte

En 1992, le gouvernement du Québec adopte sa politique de développement régional, mieux connue sous le nom de « réforme Picotte ». L’adoption de cette politique conduit à la mise en place d’un CRD dans chacune des 16 régions administratives établies selon le découpage territorial de 1987. 

1993

Conseil régional de la Radissonie

À la Baie-James, la Conférence des Municipalités nordiques convoque une assemblée de fondation qui doit avoir lieu à Matagami le 16 décembre 1993. Lors de cette rencontre, le maire de Chibougamau, M. Ronald Blackburn, est élu président du premier Conseil régional de la Radissonie. Le nouvel organisme compte 26 membres au sein de son organisation et poursuit une mission de coordonner le développement régional sur le tout le territoire non autochtone correspondant à l’actuelle Baie-James. 

1996

Conseil régional de développement de la Baie-James

En 1996, la dénomination du Conseil régional de la Radissonie est modifiée pour celui de Conseil régional de développement de la Baie-James (CRDBJ). 

2003

Les CRÉ

À la fin de 2003, à la suite de l’adoption de la Loi sur le ministère du Développement économique et régional et de la Recherche (L.R.Q., c. M-30.01), les CRD sont remplacés par les conférences régionales des élus (CRÉ). L’article 97 de cette loi édicte que « Pour la région administrative du Nord-du-Québec, une conférence régionale des élus est instituée pour le territoire de la Municipalité de Baie-James et celui des villes de Chapais, de Chibougamau, de Lebel-sur-Quévillon et de Matagami alors que l’Administration régionale Kativik et l’Administration régionale crie sont réputées agir à titre de conférence régionale des élus pour leur communauté respective. » Le mandat premier des CRÉ consiste à favoriser la concertation des partenaires dans leurs régions respectives et de donner, le cas échéant, des avis au ministre sur le développement de la région. L’organisme a également comme mandat d’évaluer les organismes de planification et de développement financés entièrement ou partiellement par le gouvernement et qui interviennent aux paliers local et régional.  

2014

Administration régionale Baie-James

À compter du 1er janvier 2014, le gouvernement du Québec, par l’article 21.5 de la Loi sur le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire (RLRQ c M-22.1), institue l’ARBJ. Cette dernière devient l’organisme compétent pour agir en matière de développement régional agissant pour les personnes autres que les Cris qui résident sur le territoire du Gouvernement régional d’Eeyou Istchee BaieJames, et sur celui de la Ville de Chapais, de la Ville de Chibougamau, de la Ville de Lebel-sur-Quévillon et de la Ville de Matagami. De plus, l’ARBJ succède à la CRÉBJ et agit aux droits, obligations et charges de la MBJ quant à certaines ententes conclues avec différents ministères, en plus de se voir octroyer la gestion de plusieurs fonds, et ce, en vertu de la Loi instituant le Gouvernement régional d’Eeyou Istchee Baie-James (RLRQ c G-1.04). Désormais, dans la région administrative Nord-du-Québec, les compétences d’une conférence régionale des élus sont partagées entre l’Administration régionale Baie-James, le Gouvernement de la nation crie et l’Administration régionale Kativik pour le territoire que ces organismes représentent.