La région du Nord-du-Québec comptait tout près de 43 000 habitants à l’été 2012, ce qui la plaçait au dernier rang des régions administratives, en regard de la taille de sa population. La densité de sa population s’établit en dessous d‘un habitant au km2. Elle a tout de même connu une croissance démographique de près de 13 000 habitants depuis 16 ans, soit une augmentation de 43 %. En comparaison, le Québec a connu une augmentation de sa population de 11 % au cours de la même période. Pour sa part, la Jamésie a connu une décroissance de 22,6 %.

 

Population totale à la Baie-James, dans le Nord-du-Québec et au Québec, de 1996 à 2012

tableau1

 

 

 

 

Le plus fort accroissement de la population régionale s’est opéré entre 2006 et 2011. Durant cette période, la population jamésienne a continué de décliner, mais de façon moins prononcée qu’au cours des périodes précédentes.

 

Accroissement annuel moyen et part de la population régionale, Nord-du-Québec et ensemble du Québec, de 1996 à 2012

tableau2

 

 

 

 

 

 

 

 

L’âge médian qui sépare la population en deux groupes égaux était de 40,4 ans en Jamésie en 2012, s’approchant de la valeur québécoise établie à 41,5 ans. Au sein de la population crie, cette valeur fait contraste alors qu’elle atteint à peine 25,1 ans. La pyramide des âges de 2011 au Québec révèle une tendance à un vieillissement de la population. Dans la région Nord-du-Québec, un phénomène différent a été observé. Selon les données de l’Institut de la statistique du Québec, la région administrative arriverait au premier rang au chapitre de la fécondité, avec 2,81 enfants par femme. En comparaison, la moyenne québécoise se situerait à 1,69 enfant par femme. Ce taux de fécondité très élevé dans la région serait en très grande partie attribuable aux communautés cries et inuites. Le taux de fécondité en région, plus élevé que la moyenne québécoise, contribuerait à maintenir un accroissement naturel positif, fluctuant entre 600 et 700 personnes par année entre 2002 et 2012. Au cours de cette dernière année, la région a compté environ 850 naissances contre 236 décès, pour un accroissement naturel d’un peu plus de 600 personnes.

Toutefois, la région connaît un déficit dans ses échanges migratoires avec les autres régions. Il aurait atteint son solde annuel le plus bas entre 2004 et 2005 avec un déficit de 496 personnes. Ce déficit aurait eu tendance à diminuer entre 2009 et 2012 fluctuant entre 154 et 173 pertes annuelles. Cette amélioration a suivi sensiblement la même tendance que la plupart des régions éloignées. En 2011-2012, les soldes migratoires de la région ont été négatifs dans pratiquement tous les groupes d’âge, exception faite du groupe des 25-29 ans pour lequel on note une augmentation de 38 personnes. Le déficit le plus important a été observé au sein des groupes de 55 à 59 ans et de 60 à 64 ans, soit les groupes des personnes en âge de prendre leurs retraites.

Selon les données de recensement de Statistique Canada, la communauté jamésienne comptait 13 395 habitants en 2011. Selon les données du ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire (MAMOT), la population jamésienne aurait grimpé à plus de 15 000 [1]individus en 2013, pour une augmentation de plus de 1 500 personnes en deux ans. La répartition de la population jamésienne selon les groupes d’âge révèle certains écarts lorsqu’on la compare aux populations québécoise et canadienne. L'écart le plus significatif observé concerne le groupe des 65 ans et plus, lequel est plus faiblement représenté en Jamésie avec une proportion de 11 %. En comparaison, les proportions québécoise et canadienne pour ce même groupe d’âge se situaient entre 15 % et 16 %.

 

Répartition des populations canadienne, québécoise et jamésienne par groupes d’âge en 2011

graphique1

 

 

La comparaison des municipalités jamésiennes entre elles révèle de légères différences quant à la répartition de la population selon les groupes d’âge. C’est à Matagami qu’on observe la représentativité la plus forte du groupe des 0 à 14 ans. En revanche, le groupe d’âge des 65 ans et plus y obtient la proportion la moins élevée, alors qu’elle s’établit en dessous des 8 %. Le groupe d’âge des 15 à 29 ans correspond à un segment critique de la population, car c’est durant cette période que les jeunes quittent l’école et entrent sur le marché du travail. Non seulement choisissent-ils leur premier lieu de travail, mais par le fait même leur premier lieu de résidence. Certains facteurs, dont le lieu des études postsecondaires, peuvent être déterminants dans les choix ainsi retenus durant cette période. C’est à Chibougamau que le groupe des 15 à 29 ans apparait le plus fortement représenté alors qu’il réuni près de 20 % de la population.

 

Répartition de la population dans les municipalités de la Jamésie selon les groupes d'âge, en 2011

tableau3

 

 

 

 

 

 

Le Nord-du-Québec regroupait une très faible proportion d’immigrants en 2010, soit environ 1 % chez les hommes et chez les femmes. À Chibougamau, cette proportion grimpe à 2,3 % chez les femmes tandis qu’à Chapais et dans les localités, elle atteint 1,6 % chez les hommes et tombe à 0 % chez les femmes. À Lebel-sur-Quévillon, il n’y avait aucun immigrant autant chez les hommes que chez les femmes.

[1]La somme des populations des quatres villes et de la MBJ est de 15 071. Le MAMOT affiche un total de 15 816.

 

 

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